L’homme qui peignait l’absence
Les deux familles se saluaient dans le paysage fluvial des souvenirs.
Le luxe, le miroir et le silence.
A travers un long couloir obscur on voyait surgir les figures subreptices du silence. On voyait les plis des robes, les ondulations de coiffures, chaque geste minutieusement détaillé comme on ne le voit jamais dans la réalité. Toute la famille était là, jamais elle ne s’absentait, jamais elle ne partait en voyage, jamais elle ne s’énervait. Dans l’atmosphère sereine d’une lumière bleue elle se promenait parfois dans les parcs, d’autres fois elle se penchait dans les couloirs d’une maison rêvée, d’autres fois on la trouvait assise sur un banc du jardin. Il y avait de vieux rois avec des tremblements dans la main, des dames en costumes, de poussiéreuses toiles de pensées et d’innombrables petites filles qui jouaient, quelques-unes derrière un masque, d’autres dessinant des vœux, d’autres avec une poupée dans les bras.
Les yeux de l’homme qui peignait l’absence traversaient émerveillés les couloirs et les chambres. Cet homme avait des idées définies sur le monde. Il savait que seule la tromperie pouvait résoudre les énigmes. Il savait que seule la tromperie permettaient de voir nues les créatures célestes.
Quelqu’un avait prévu les artifices pour tolérer l’incrédulité, simulacres pour que la vue ne se détruise pas face au lit du temps.
Les minutes d’une attente étaient pleines de couleurs distinctes et de joies différentes. On pouvait ébaucher une bouche, une bouche comme l’après-midi qui tombe lentement et qui glisse délicatement entre le feuillage humide. Ou bien un jardin, où les voix s’entrecroisent avec le silence.
L’homme qui peignait l’absence composait soigneusement le voile de ses artifices. Et c’est ainsi que je réussis enfin à te regarder, avec des yeux qui n’étaient déjà plus les miens.
Le luxe, le miroir et le silence.
A travers un long couloir obscur on voyait surgir les figures subreptices du silence. On voyait les plis des robes, les ondulations de coiffures, chaque geste minutieusement détaillé comme on ne le voit jamais dans la réalité. Toute la famille était là, jamais elle ne s’absentait, jamais elle ne partait en voyage, jamais elle ne s’énervait. Dans l’atmosphère sereine d’une lumière bleue elle se promenait parfois dans les parcs, d’autres fois elle se penchait dans les couloirs d’une maison rêvée, d’autres fois on la trouvait assise sur un banc du jardin. Il y avait de vieux rois avec des tremblements dans la main, des dames en costumes, de poussiéreuses toiles de pensées et d’innombrables petites filles qui jouaient, quelques-unes derrière un masque, d’autres dessinant des vœux, d’autres avec une poupée dans les bras.
Les yeux de l’homme qui peignait l’absence traversaient émerveillés les couloirs et les chambres. Cet homme avait des idées définies sur le monde. Il savait que seule la tromperie pouvait résoudre les énigmes. Il savait que seule la tromperie permettaient de voir nues les créatures célestes.
Quelqu’un avait prévu les artifices pour tolérer l’incrédulité, simulacres pour que la vue ne se détruise pas face au lit du temps.
Les minutes d’une attente étaient pleines de couleurs distinctes et de joies différentes. On pouvait ébaucher une bouche, une bouche comme l’après-midi qui tombe lentement et qui glisse délicatement entre le feuillage humide. Ou bien un jardin, où les voix s’entrecroisent avec le silence.
L’homme qui peignait l’absence composait soigneusement le voile de ses artifices. Et c’est ainsi que je réussis enfin à te regarder, avec des yeux qui n’étaient déjà plus les miens.


1 comentarios:
O no escribe o escribe en francés.
¿No hay un término medio? Me la complicó un poco, pero lo que alcance a entender me gustó.
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